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Noms communs : écorce de yohimbe (prononcer yohimbé), hydrochlorure de yohimbine.
Nom botanique :Pausinystalia yohimbe, anciennement Corynanthe johimbe, famille des rubiacées.
Nom anglais :yohimbe.
Partie utilisée : l'écorce.
Habitat et origine : arbre à feuillage persistant originaire du Gabon, du Cameroun, du Congo et du Nigeria.
Les plantes et les suppléments censés stimuler la vigueur sexuelle ont toujours été populaires, mais les données scientifiques probantes manquent souvent pour documenter leur efficacité. Voilà pourquoi il est important de donner l'heure juste sur ces produits. D'autant plus que le marché regorge de cocktails qui contiennent trois, quatre et parfois même jusqu'à dix ou douze ingrédients différents : l'innocuité et l'efficacité de telles préparations sont donc impossibles à déterminer. |
Important. Cette fiche porte sur l’écorce de yohimbe et non pas sur le chlorhydrate de yohimbine, un extrait d'écorce normalisé en yohimbine, vendu uniquement sur ordonnance. Théoriquement l'écorce, qui est en vente libre, aurait les mêmes effets, dans la mesure où elle renferme la substance active en proportion adéquate. Ce n’est par contre pas toujours le cas selon plusieurs analyses. Aussi, l’écorce de yohimbe n'a jamais fait l'objet d'essais cliniques. |
Stimuler la fonction érectile. |
Les données sont insuffisantes pour suggérer un dosage.
La yohimbine. Les vertus aphrodisiaques de l'écorce de yohimbe tiennent à la yohimbine, un alcaloïde qu'elle renferme. C'est pourquoi il est préférable d'utiliser un produit dont la teneur en cette substance est clairement indiquée. On trouve sur le marché des extraits d'écorce dont la teneur en yohimbine est normalisée à 1 %, 2 % ou 4 %. Malheureusement, l'écorce de yohimbe qui est commercialisée n'est généralement pas soumise à des contrôles stricts. On ne peut donc pas toujours se fier à ce qui est inscrit sur les étiquettes (voir la section Sur les tablettes à la fin de cette fiche). |
En Afrique centrale (Gabon, Cameroun, Congo) et en Afrique de l'Ouest (Nigéria), l'écorce de yohimbe était reconnue comme un aphrodisiaque, selon les traditions locales. On lui a également attribué des effets hallucinogènes (sous forme de cigarette). Les guérisseurs traditionnels s'en servaient aussi pour traiter l'angine de poitrine et l'hypertension artérielle. C'est surtout son utilisation comme aphrodisiaque qui a traversé le temps. Jusqu'à l'apparition récente du sildénafil (Viagra®), c'est le chlorhydrate de yohimbine (extrait normalisé d'écorce de yohimbe) qu'on prescrivait aux hommes atteints de dysfonction érectile.
Depuis quelques années, l'écorce du yohimbe a fait son apparition en Occident comme ingrédient de divers produits en vente libre qui ont pour but d'améliorer les performances sexuelles. Bien que le chlorhydrate de yohimbine soit un médicament d'ordonnance, l'écorce est, dans la pratique, généralement considérée comme un « supplément alimentaire ».
Stimuler la fonction érectile. En 1990, les responsables de la Commission E estimaient ne pas pouvoir recommander l'utilisation thérapeutique du yohimbe en raison du manque de preuves quant à son efficacité et de l'absence de données permettant d'évaluer le rapport risques/bénéfices. Les commissaires signalaient notamment que l'écorce pouvait avoir des effets indésirables sur le système nerveux central, sur le système cardiorespiratoire et sur le système digestif, en plus d'interagir négativement avec diverses plantes médicinales à action psychopharmacologique.
On attribue l'action pharmacologique de l'écorce à la yohimbine qu'elle renferme. Cet alcaloïde représente de 1 % à 6 % de la composition de l'écorce. La yohimbine semble pouvoir à la fois accroître l'apport sanguin vers les organes génitaux et stimuler l'activité du système sympathique responsable des impulsions nerveuses qui excitent les tissus génitaux. Cela en ferait un « véritable » aphrodisiaque, à la différence d'autres substances stimulantes qui n'agissent qu'indirectement sur la fonction sexuelle.
Le sildénafil (Viagra®) appartient à cette catégorie d'aphrodisiaques « véritables ». Ses indications thérapeutiques, les effets indésirables qu'on lui connaît et les contre-indications qui y sont associées sont d'ailleurs fort semblables à ceux de la yohimbine.
L'indice thérapeutique de la yohimbine est étroit, ce qui signifie que l'écart est faible entre la dose minimale nécessaire pour obtenir un effet thérapeutique et celle à partir de laquelle des effets indésirables peuvent se manifester. Les variations dans la teneur en yohimbine de l'écorce posent donc un problème quant à son usage médicinal. En effet, l'écorce de yohimbe peut, selon les produits, contenir trop ou pas assez de l'ingrédient actif (voir la section Sur les tablettes).
Note. Tous les essais cliniques mentionnés ci-dessous ont été réalisés avec des extraits normalisés en yohimbine vendus sur ordonnance et non pas avec de l’écorce de yohimbe. |
Dysfonction érectile. Les auteurs d'une synthèse d'essais cliniques publiée en 1994 (16 études, 874 sujets) concluaient que le chlorhydrate de yohimbine apportait de légers bienfaits dans le traitement de la dysfonction érectile tout en présentant un rapport risques/bienfaits acceptable1. Publiée en 1998, une autre synthèse a porté sur sept essais cliniques dont la méthodologie a été jugée satisfaisante (419 sujets en tout). Ses auteurs ont conclu que les bienfaits que peut procurer un traitement au chlorhydrate de yohimbine pour traiter la dysfonction érectile étaient plus importants que les risques d'effets indésirables, évalués comme étant rares et réversibles2.
Les résultats d'un essai clinique croisé mené en 2002 auprès de 45 sujets souffrant de dysfonction érectile indiquent que la prise simultanée de 6 mg de chlorhydrate de yohimbine et de 6 g d'arginine (un acide aminé), une heure ou deux avant l'activité sexuelle, donnait de meilleurs résultats qu'un placebo et que la yohimbine seule3.
Dysfonction sexuelle féminine. Dans un essai préliminaire mené en 1998 auprès de neuf femmes, on n'a pas observé d'effet positif de la yohimbine sur la libido4. Par contre, dans un essai mené en 2002 auprès de 24 femmes, la prise du mélange yohimbine/arginine (6 mg de chaque ingrédient), une heure avant l'activité sexuelle, aurait fait augmenter les impulsions nerveuses du vagin5. Consulter aussi notre fiche Dysfonction sexuelle féminine.
Baisse de la libido causée par les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS). Les résultats de quatre essais préliminaires publiés entre 1992 et 1995 indiquent que la yohimbine pourrait contribuer à contrer la baisse de la libido chez les personnes déprimées qui prennent des ISRS6-9.
Le yohimbe peut interagir avec plusieurs médicaments courants, par exemple :
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Fiche mise à jour : mars 2007 | |
RéférencesNote : les liens hypertextes menant vers d'autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu'un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l'information désirée. Bibliographie Blumenthal M (Ed). The Complete German Commission E Monographs, American Botanical Council, publié en collaboration avec Integrative Medicine Communications, États-Unis, 1998. Images : © Mountain Rose Herbs, 2004. www.mountainroseherbs.com. Notes 1. Riley AJ. Yohimbine in the treatment of erectile disorder.Br J Clin Pract. 1994 May-Jun;48(3):133-6. |