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Noms communs : chicorée sauvage, chicorée amère, escourbette, cheveux de paysan, barbe de capucin, herbe à café.
Nom botanique : Cichorium intybus, famille des composées ou astéracées.
Noms anglais : chicory, wild succory.
Parties utilisées : les parties aériennes récoltées avant l’ouverture des fleurs, mais surtout les racines récoltées à l’automne et l’inuline qu’on en tire.
Habitat et origine : indigène en Europe, en Asie et en Afrique du Nord, cette plante vivace a été naturalisée en Amérique du Nord. Elle a colonisé la majorité des climats tempérés de la planète, s’installant volontiers en bordure des chemins et dans les champs en friche. Aujourd’hui, on la cultive à peu près partout.
Inuline et FOS Réduire les taux de lipides sanguins (triglycérides et cholestérol). Augmenter l’absorption des minéraux (calcium, magnésium). | ||
Inuline et FOS Réduire le taux de glucose dans le sang. | ||
Feuilles et racine de chicorée Inuline |
Effet prébiotique
Troubles digestifs, manque d’appétit
Réduction des taux de lipides
Dans la Grèce et la Rome antiques, Dioscoride, Galien et Pline l’Ancien attribuaient à la chicorée diverses propriétés médicinales, notamment reliées à la digestion. Dans un grand nombre de pays, elle devint rapidement partie intégrante de la pharmacopée. On la retrouvait dans diverses préparations traditionnelles : toniques amers, vins fébrifuges (qui combattent la fièvre) et sirops vermifuges. On l’a souvent utilisée pour des cures printanières de purification de l’organisme. La tradition lui attribuait des vertus spécifiques pour le traitement de l’insuffisance hépatique, de la jaunisse, de la constipation et, par voie externe, des chancres, de l’herpès labial et de diverses affections cutanées. Les Cherokees employaient la racine comme tonique du système nerveux.
Les feuilles de diverses espèces de chicorée sont utilisées en cuisine depuis la Haute Antiquité égyptienne. L’endive, le radicchio, la trévise, la scarole, la puntarelle sont toutes des chicorées prisées par les gourmets pour leurs principes amers qui favorisent la digestion. Depuis le XVIIe siècle, la racine grillée et moulue est utilisée comme substitut du café ou est ajoutée à celui-ci dans le but d’atténuer son effet excitant.
De la racine de chicorée, on extrait aussi l’inuline, un glucide largement utilisé comme agent de texture et comme substitut de gras ou de sucre dans les aliments préparés. Depuis quelques années, on emploie également l’inuline pour ses effets prébiotiques : certains fabricants en ajoutent au pain ou au yogourt, par exemple. Dans certains pays, l’ajout d’inuline en quantité suffisante à un aliment permet d’afficher une allégation à l’effet que le produit contribue au maintien d’une flore intestinale équilibrée.
Plusieurs autres végétaux renferment de l’inuline (ail, asperge, poireau, topinambour, etc.), mais c’est essentiellement de la racine de chicorée que l’inuline est extraite à des fins commerciales. En soumettant l’inuline à un procédé d’hydrolyse supplémentaire, on obtient un produit purifié qui aurait des effets plus spécifiques : l’oligofructose, aussi connu sous le nom de « fructo-oligosaccharide » (FOS).
L’inuline et les FOS sont en vogue actuellement et font l’objet de nombreuses recherches.
Réduction des taux de lipides sanguins. Au cours de plusieurs essais effectués sur des sujets en bonne santé, l’inuline et les FOS n’ont pas eu d’effet sur les taux de cholestérol ou de triglycérides. Lorsque les études ont porté sur des sujets dont les taux de lipides sanguins étaient élevés, les résultats ont été prometteurs, notamment pour les taux de triglycérides sanguins1, mais la preuve est majoritairement non concluante en ce qui concerne l’ensemble des lipides sanguins2.
Augmentation de l’absorption des minéraux. Une meilleure absorption du calcium et du magnésium peut améliorer la santé osseuse. Bien que l’inuline ait été efficace chez les animaux pour augmenter l’absorption de ces deux minéraux, les résultats des essais sur des humains sont contradictoires. En ce qui concerne l’absorption du calcium, les résultats les plus concluants ont été obtenus chez des adolescents et des femmes ménopausées qui avaient pris un type particulier de supplément contenant de l’inuline enrichie en oligofructose2-4.
Diabète. Comme l’inuline est une fibre, les chercheurs ont vérifié si elle pouvait contribuer à faire baisser le taux de glucose sanguin. Sur 5 essais effectués, aucun n’a donné de résultat concluant à ce chapitre2.
Effet prébiotique. Les résultats d’études menées sur des animaux et sur des humains ont permis d’établir que l’inuline favorise la croissance des bactéries intestinales bénéfiques5. Cela est attribuable au fait que l’inuline n’est ni digérée ni absorbée avant d’arriver dans le côlon : comme elle est intacte, les bactéries peuvent s’en nourrir.
Dans plusieurs pays, en France et au Japon notamment, les fabricants d’aliments enrichis en inuline ou en FOS peuvent afficher des allégations à l’effet que leurs produits stimulent la croissance des bifidobactéries6. Par exemple, en France, l’allégation suivante est permise : « L’inuline native de chicorée est bifidogène (stimulation de la croissance des bifidobactéries intestinales) à un dosage quotidien de 5 g/jour »7.
Cet effet prébiotique pourrait contribuer au traitement et à la prévention de plusieurs troubles gastro-intestinaux (voir notre fiche Probiotiques). On a, par exemple, vérifié si l’inuline pouvait être utile pour soulager les symptômes du syndrome de l’intestin irritable et des maladies inflammatoires de l’intestin. Les données sur les animaux ont été concluantes et les essais sur les humains ont donné des résultats prometteurs, mais ceux-ci restent préliminaires étant donné le nombre restreint de sujets2,8.
Divers. Les chercheurs s’intéressent de près aux effets de l’inuline et des FOS sur la modulation du système immunitaire et les allergies infantiles2,9. Des essais sur des animaux de laboratoire indiquent qu’elle pourrait également contribuer à augmenter l’efficacité de la chimiothérapie et de la radiothérapie2,10.
Dyspepsie et manque d’appétit. La Commission E reconnaît l'usage de la chicorée pour soulager divers malaises digestifs (dyspepsie) de même que le manque d’appétit, notamment en raison de ses vertus légèrement cholérétiques (stimulation de la production de bile).
RéférencesNote : les liens hypertextes menant vers d'autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu'un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l'information désirée. Bibliographie Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Avis, 20 avril 2005. [Consulté le 28 août 2009] www.afssa.fr Crédit image : University of Nebraska Institute of Agriculture and Natural Resources Notes 1. Dietary fructans and serum triacylglycerols: a meta-analysis of randomized controlled trials. Brighenti F. J Nutr. 2007 Nov;137(11 Suppl):2552S-2556S. Review. Texte intégral : jn.nutrition.org |